Raison dialectique
lundi 28 février 2011
La régression de la liberté d'expression en France
L'article 11 de la déclaration des droits del'homme et du citoyen énonce :"La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi. "
Hélas, la noton d'abus de cette liberté est de plus en plus extensive.
L'affaire Eric Zemmour suite aux propos du polémiste sur le contrôle des noirs et des arabes qui constituent la plupart des trafiquants, a donné lieu à condamnation du journaliste. Il avait aussi évoqué le droit des employeurs à discriminer les minorités. En revanche, Anne Lauvergeon qui déclare sur France2 qu'Areva recrutera "tout sauf le mâle blanc" gagne son procès, en matière de discrimination.
L'outrage au drapeau national est réprimé même dans l'espace privé, par le décret n° 2010-835 du 21 juillet 2010 relatif à l'incrimination de l'outrage au drapeau tricolore.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022509096&dateTexte=&categorieLien=id
http://www.rue89.com/2010/07/25/outrage-au-drapeau-notre-liberte-a-expire-vendredi-a-minuit-159846
L'affaire de la FNAC de Nice illustre la tournure judiciaire que prend l'outrage au drapeau.
http://www.suite101.fr/content/loutrage-au-drapeau-franais-est-il-un-delit-selon-la-loi--a11450
Les humoristes risquent le licenciement, comme l'atteste le cas de Stéphane Guillon, quand ils critiquent "trop violemment" le pouvoir.
Les journalistes sont menacés quand ils font des caricatures religieuses (affaire des caricatures de Mahomet).
Le MRAP cherche désormais à faire punir les critiques "trop appuyéesé de l'islam, en les faisant passer pour racistes. D'autres cherchent à créer un délit de blasphème.
Espionnage et surveillance des journalistes ne sont pas suivies de conséquences aussi graves que dans le cas du Watergate (cf canard enchaîné)
La loi interdit le port de signes religieux dans des structures publiques puis dans la rue(voile, burqa).
Les historiens font des pétitions car le Parlement vote des lois mémorielles qui énoncent des vérités historiques et/ou des infractions pénales, pour qui les remetttrait en question : loi Gayssot 1990, loi Taubira 2001, loi de février 2005 sur le rôle positif de la colonisation, loi Arménie...
http://www.communautarisme.net/Les-signataires-de-la-petition-Liberte-pour-l-histoire-s-opposent-a-la-proposition-de-loi-visant-a-penaliser-la-negation_a750.html
Les chercheurs sont isolés par leurs collègues, exclus ou poursuivis devant les tribunaux : Michèle Tribalat (INED), Sébastian Roché, Bruno Gollnisch...
Des écrivains, humoristes ou universitaires sont non seulement évincés des médias et de l'université mais font l'objet de violences physiques, en raison de l'expression de leurs idées : Dieudonné, Soral, Faurisson.
L'éthique voltairienne, selon laquelle on est prêt à mourir pour qu'autrui puisse exprimer une idée avec laquelle on n'est pas d'accord n'est plus au goût du jour.
Heureusement quelques personnalités scientifiques ou des intellectuels comme Noam Chomski, Anne-Marie Le Pourhiet,Elisabeth Badinter,Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro,Pierre Milza, Pierre Nora, René Rémond, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock sont absolument hostiles à cette pénalisation des contestations historiques.
Les statistiques ethniques ne peuvent être réalisées par l'Etat pour inconstitutionnalité.
| Réactions : |
Pas de parité en prison
En tout cas, il ne vient à l'esprit de personne de censée de réclamer la parité en prison puisque ce qui compte pour y aller, c'est le fait d'avoir commis une infraction.
| Sexe | Hommes | Femmes | Ensemble |
| Effectifs | 64085 | 2093 | 66178 |
| Pourcentage | 96,8% | 3,2% | 100% |
Source : INSEE
jeudi 24 février 2011
Performance sportive par sexe et travaux physiques
| Minimes hommes record de France | Femmes (professionnelles compris) record du monde | Cadets hommes | |
| record de France | |||
| 100m | 11’08 | 10’49 | 10’43 |
| 1000m | 2’30’16 | 2’28’98 | 2’22’22 |
| 3000m | 8’44’25 | 8’06’11 | 8’10’09 |
| 100m haies | 12’85 | 12’21 | 12’05**** |
| 5000m | 23’10’05 | 14’11’15 | 21’40’95 |
| Saut à la perche | 4,82m | 5,07m | 5,40m |
| Saut au hauteur | 2,04m | 2,09m | 2,20m |
| Saut en longueur | 7,12m | 7,52m | 7,83m |
| Triple saut | 15,14m | 15,50m | 15,99m |
| Poids 4kg | 19,03m | 22,63m | 19,22* |
| Javelot 600g | 69,20m | 72,28m | 79,65m** |
| Marteau 4kg | 72,40m | 77,96m | 81,84m*** |
Par exemple, comparons, d’une part, les meilleures performances masculines françaises des minimes (14-15 ans) et des cadets (16-17 ans) et d’autre part, des femmes adultes détentrices du record du monde féminin.
*Poids 5kg
**javelot 700g
***Marteau 5kg
****estimation à partir du 110m haies
http://www.athledunet.com/Records/Hommes/Outdoor-fra-cadets.htm
http://www.lequipe.fr/Athletisme/REC_OF.html
http://www.athledunet.com/Records/Hommes/Outdoor-fra-minimes.htm
Accidents de travail : sur 100 morts au travail 99 sont des hommes
|   | nb de maladies avec arrêt | nb de maladies avec incapacité permanente | nb de décès | nb de journées perdues | effectifs salariés UNEDIC | effectifs salariés CNAM |
| hommes | 22920 | 14427 | 487 | 3201803 | 9072122 | 10151148 |
| femmes | 18427 | 7080 | 6 | 3717527 | 6905748 | 7727108 |
| total | 41347 | 21507 | 493 | 6919330 | 15977870 | 17878256 |
| Part de maladies avec arrêt | Part de maladies avec incapacité permanente | Part de décès | Part de journées perdues | effectifs salariés | |
| hommes | 55,4 | 67,1 | 98,8 | 46,3 | 56,8 |
| femmes | 44,6 | 32,9 | 1,2 | 53,7 | 43,2 |
| total | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
On peut dire que le monde du travail est plus dur pour les hommes du point de vue de la santé. Plus la maladie est grave et plus il y a d'hommes.
En revanche, les femmes ont une plus grande part de journées perdues dont des jours d'arrêts de maladie.
| Risques professionnels selon le sexe, en 1984, 1991, 1998 et 2005 | ||||||||
| Risques professionnels selon le sexe, en 1984, 1991, 1998 et 2005 | ||||||||
|   |   | Proportionen % de salariés qui déclarent être amenés, à leur emplacement de travail, à ** : | ||||||
| Sexe | Effectifs (en milliers) | respirer des fumées ou des poussières | être en contact avec des produits dangereux | être exposé à des risques infectieux | risquer d’être blessé ou accidenté | risquer des accidents de la circulation(au cours du travail) | ||
| Sexe | ||||||||
| Femmes | 1984 | 7408 | 0 | 0 | 0 | 0 | 4,8 | |
| Femmes | ||||||||
| 1991 | 8396 | 0 | 0 | 0 | 0 | 9,3 | ||
| 1998 | 9036 | 0 | 0 | 0 | 0 | 13,3 | ||
| 2005 | 10530 | 18,8 | 18,9 | 30,4 | 33,4 | 15,7 | ||
| Hommes | 1984 | 10194 | 0 | 0 | 0 | 0 | 26,4 | |
| Hommes | ||||||||
| 1991 | 10406 | 0 | 0 | 0 | 0 | 37,4 | ||
| 1998 | 10481 | 0 | 0 | 0 | 0 | 43,3 | ||
| 2005 | 11720 | 44,6 | 36,6 | 25,2 | 61,4 | 42,9 | ||
| Ensemble | 1984 | 17602 | 0 | 0 | 0 | 0 | 17,3 | |
| Ensemble | ||||||||
| 1991 | 18801 | 0 | 0 | 0 | 0 | 24,9 | ||
| 1998 | 19517 | 0 | 0 | 0 | 0 | 29,3 | ||
| 2005 | 22251 | 32,4 | 28,2 | 27,6 | 48,2 | 30,1 | ||
Les conditions de travail des hommes sont plus mauvaises et plus risquées, ils sont deux à trois fois plus exposés aux risques professionnels que les femmes, à l’exception des risques infectieux! Il serait d’ailleurs intéressant d’apprécier dans quelle mesure cela affecte le différentiel d’espérance de vie hommes-femmes.
Le taux de sous-emploi féminin, indicateur permettant d’appréhender le temps partiel subi est de 8,4 % en 2004 contre 1,2 % pour les hommes. 29,5 % des femmes actives occcupées sont à temps partiel. En d’autres termes, parmi les femmes à temps partiel 72 % l’ont choisi et parmi les femmes qui travaillent 92,6 % ne sont pas en sous-emploi (contre 98,1 % des hommes). Il serait bien sûr plus rigoureux de s’assurer que des effets de structure n’expliquent pas l’écart hommes-femmes quant au sous-emploi.
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip1046.pdf
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es349-350b.pdf
D’autres indicateurs traduisent la plus grande implication masculine au travail, comme la durée annuelle de travail des personnes à temps complet en 2004.
| Hommes | Femmes | |
| Cadres | 1930 | 1700 |
| Professions intermédiaires | 1690 | 1550 |
| Employés | 1680 | 1580 |
| Ouvriers | 1630 | 1520 |
| Ensemble | 1700 | 1570 |
| Écart hommes-femmes | Brut | Même type d’entreprise, secteur…hors durée hebdomadaire | Part inexpliquée (par le temps de travail ou autres) |
| Tous salariés 2001 |   | -12 |   |
| Non-salariés 2001 | -33 | -20 | -12,2 |
| Médecins 2006 | -60 | -34 | -17,5 |
| Tous salariés 1997 | -27 | -15,2 | -4,2 |
| Tous salariés à temps complet 1997 | -10,7 | -6 | -5,2 |
| Réactions : |
vendredi 16 juillet 2010
Bien interpréter la notion de différence moyenne hommes-femmes
Ce qui nous intéresse ici est la moyenne arithmétique, somme de toutes les valeurs pour une variable donnée (salaire de chaque femme par exemple), divisée par le nombre d'observations (nombre total de femmes). On peut observer des différences de moyenne entre hommes et femmes tout en constatant de très fortes disparités à l'intérieur de chaque groupe. Ainsi, le fait que les femmes gagnent EN MOYENNE moins que les hommes, n'est pas incompatible avec le fait que beaucoup de femmes gagnent plus que la majorité des hommes et que des hommes gagnent moins que la majorité des femmes.
Autre exemple, dire que les hommes sont en moyenne plus grands (en taille) que les femmes est un fait: ce n'est pas sexiste. De plus, cela n'exclut en aucune façon que certaines femmes soient plus grandes (et même très grandes) que certains hommes, ce qu'on observe tous les jours. Il existe malgré tout des hommes très petits. Ce qui est sexiste c’est d’en déduire une politique ou une idéologie qui discrimine les femmes en général. De même, dire que les femmes vivent plus longtemps en moyenne que les hommes est un fait, même s’il existe des hommes qui vivent très longtemps et plus que certaines femmes. Mais les faits sont têtus : il y a une différence moyenne.
Mesure 1
A 10
B 18
Mesure 2
A 20
B 18
Moyenne des mesures
A 15
B 18
Dans cet exemple, B est en moyenne supérieur à A et pourtant le record est détenu par A. On peut donc très bien imaginer un cas où les femmes seraient plus petites en taille que les hommes mais où la personne la plus grande au monde serait quand même une femme !
Maintenant que la notion de moyenne est plus claire, j’en reviens à la performance. Dire que les hommes sont plus performants en moyenne ne veut pas dire qu’il n’existe pas de femme performante, ou encore qu'aucune femme ne serait plus performante que chacun des hommes. On observe aussi une très grande hétérogénéité de performance dans les deux sexes au quotidien. Il n'en demeure pas moins qu'il est tout à fait possible d'avoir une différence moyenne de performance qui expliquerait pour partie les écarts salariaux de 5 % de cette fameuse part inexpliquée. N'oublions pas que la performance est aussi liée à la motivation et donc aux priorités que chacun se fixe dans sa vie.
| Réactions : |
jeudi 15 juillet 2010
Les "performances" moyennes hommes-femmes des dirigeant(e)s
http://raisondialectique.blogspot.com/2010/07/bien-interpreter-la-notion-de.html
En effet, l’opinion dominante tend à assimiler tout écart salarial à de la pure et simple discrimination. S’il est vrai que la discrimination doit être combattue avec la plus grande fermeté, il reste que les différences « objectives » de performance peuvent légalement justifier des différences de rémunération. S’il est vrai que l’écart salarial s’explique pour partie par la discrimination, ce qui doit être sanctionnée et combattue, il demeure que d’autres facteurs non discriminatoires expliquent les écarts de salaire. Il s’agit donc de les mettre en évidence avant d’affirmer qu’elles ne s’expliquent que par le sexisme.
Dans un précédent message, j’ai déjà montré que l’écart salarial hommes-femmes s’expliquait en grande partie par des facteurs objectifs : heures supplémentaires, temps partiel, secteur d’activité, niveau de responsabilité, niveau de qualification, ancienneté etc…On passe donc de 25 % d’écart brut à moins de 5 % de part inexpliquée. C’est cette part inexpliquée qui peut être assimilée à de la discrimination.
Pour plus d'informations voire les travaux d'une administratrice INSEE et d'une économiste sur le sujet.
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES337-338G.pdf
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES398-399f.pdf
Mais, cette part inexpliquée dans les travaux évoqués ne signifie pas qu’il n’y a aucune explication dans l’absolu. Autrement dit, ces 4 % ou 5 % ne sont pas forcément entièrement dus à de la discrimination. C’est ce qu’il faut à présent tâcher d’analyser.
Pour ce faire, nous allons procéder par un raisonnement par l’absurde, en supposant que l’écart salarial est exclusivement dû à de la discrimination. Autrement dit c’est l’employeur qui discrimine les femmes. En partant de cette hypothèse, la seule façon d’avoir l’écart salarial « sans discrimination » est de considérer les écarts de rémunération des hommes et des femmes qui n’ont pas d’employeur : il s’agit de ceux qui travaillent à leur propre compte.
Nous allons nous référer aux travaux de l’Institut national de la statistique et des études économiques, dans la revue INSEE PREMIERE n°954 mars 2004.
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip951.pdf
« D’une part, à fonction ou secteur équivalent, elles gagnent moins que leurs homologues masculins et d’autre part, elles sont relativement plus nombreuses dans les fonctions et dans les secteurs les moins rémunérateurs. En 2001, elles gagnaient en moyenne 29 500 euros net par an soit un tiers de moins que les dirigeants. Leur situation s’est un peu améliorée avec le temps puisque l’écart était de 39 % en 1993. Si on élimine les effets de secteur d’activité, de taille, de forme juridique et d’âge, le salaire des dirigeantes reste de 20 % inférieur à celui des dirigeants et cet écart est plus fort que pour l’ensemble des salariés (12 %). Chez les jeunes générations, ces différences de salaires sont moindres. »
Ces travaux et tableaux montrent que même les femmes qui n’ont pas de hiérarchie (par exemple moins de 10 salariés) et qui ont moins de 30 ans gagnent moins que les hommes en moyenne dans le même secteur ! Les statistiques ne disent rien sur les heures supplémentaires de ces dirigeants, sur leur prise de risque, leur motivation, leur apport personnel, la qualité de leur gestion.
Mais implicitement (et surtout pas explicitement) la productivité est abordée (la production par tête). La productivité est un concept fondamental en économie. Pour un patron, le lien entre rémunération et productivité est plus direct car c’est lui-même qui fixe sa rémunération en fonction des résultats de son entreprise.
Or, la productivité moyenne des hommes dirigeants est donc supérieure à celles des femmes dirigeantes à secteur et âge équivalent. En tous les cas, c’est une hypothèse réaliste pour les entreprises sans associés, avec un(e) dirigeant(e) jeune.
D’ailleurs, chacun peut noter que les femmes cadres gagnent plus que les femmes dirigeantes, ce qui est moins souvent le cas pour les hommes. C’est un paradoxe de la discrimination salariale. Les femmes ont plus intérêt à être salariées d’entreprises qui les discrimineraient que d’être à leur propre compte.
Voici les salaires des cadres masculins et féminins :
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATCCF04110
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATCCF04108®_id=0
Il est ainsi intéressant de noter que l’écart « sans patron » est encore plus important que l’écart « avec patron ». On peut donc raisonnablement supposer que la part inexpliquée d’écart salarial de 4 % ou 5 % s’explique en partie par ces différences de performance ou d’exigence salariale. Hormis la performance, l’autre raison pouvant être avancée, en effet, est que les femmes sont moins exigeantes en rémunération : elles se paient moins, négocient moins durement des hausses de salaire.
L’une des limites de la démonstration tient au volume horaire, les femmes patrons pouvant travailler moins en raison des charges familiales. Dans l'article Hommes - femmes,des différences de revenu sensibles pour les non-salariés de la revue INSEE référence Les revenus d'activité des indépendants - Édition 2009, on peut lire à la page 38 : "Selon une autre source de l’Insee, l’enquête Emploi, le temps hebdomadaire de travail habituel d’une non-salariée travaillant à temps complet s’élève (en 2006-2007) à 51 heures contre 56 pour les hommes. En intégrant cette dimension « durée » l’écart redevient proche de ce que l’on observe parmi les salariés à temps complet."
http://insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/revaind09c.PDF
On constate donc que l'effet "quantité horaire" (+9,8 % de durée hebdomadaire pour les hommes), explique une partie de la différence de rémunération. En tenant compte de cet élément, la productivité par tête est plus élevée, chez les hommes, en partie à cause de cette durée de travail supérieure.
Quant à la productivité horaire, soit l'effet "qualité horaire", elle semble également plus élevée chez les hommes, puisque le différentiel salarial à quotité horaire équivalent persiste, comme chez les salariés à temps complet. Rappelons que ce différentiel est de 10,7 % dont 5,1 points inexpliqués et assimilés à de la discrimination. (cf. ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 337-338, 2000 - 7/8 page 145).
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES337-338G.pdf
Dans l'article Hommes - femmes, des différences de revenu sensibles pour les non-salariés de la revue INSEE référence Les revenus d'activité des indépendants - Édition 2009, on peut lire à la page 39 :
"L’écart reste important pour les médecins, de l’ordre de plus de 60 %. Selon une étude de la Drees sur les médecins généralistes du secteur 1 (secteur conventionné), l’écart de revenu entre les hommes et les femmes est de 34 % en faveur des hommes. Cet écart s’explique essentiellement par le nombre d’actes réalisés par les médecins : en moyenne, les femmes médecins s’absentent un jour de plus par semaine que les hommes et réalisent moins d’actes par jour (voir dossier « Le revenu global d’activité des médecins ayant une activité libérale »)."
On voit bien dans ce domaine qu'il y a d'une part, l'effet quantité horaire, soit la durée du travail qui accentue la productivité par tête masculine mais aussi d'autre part, l'effet qualité horaire ou productivité horaire, puisque le nombre d'actes, est plus important. En clair, la "performance" horaire génère un différentiel de revenu en faveur des hommes, toujours en moyenne, bien sûr.
Ainsi la part inexpliquée, assimilée à de la discrimination chez les salariés ne peut l'être chez les non-salariés. Or, l'écart de rémunération hommes-femmes "toutes choses égales par ailleurs" est au mieux comparable dans les catégories salariés et non-salariés, au pire plus importante chez les non-salariés que chez les salariés. Dans les deux cas, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ce fait est de nature à restreindre considérablement la part de discrimination dans l'écart salarial, celle-ci semblant tout à fait marginale.
On sait, de surcroît, que les hommes s'orientent plus souvent dans les filières scolaires et professionnelles les plus rémunératrices, les plus dangereuses et/ou comportant plus de responsabilités tandis que les femmes privilégient, plus souvent, le confort et la famille. En tout cas, ce raisonnement par l’absurde montre que l’argument de la discrimination salariale est très exagéré, ce qui ne signifie en aucun cas qu'il faudrait se dispenser de combattre ce phénomène injuste. Cela dit, pour des raisons idéologiques, les médias ne se font pas l’écho de ces études.
Nexialiste
| Réactions : |
Le mythe de l'écart salarial hommes-femmes de plus de 20% "à travail égal"
Voici un exemple qui montre que la passion de l'égalité pousse certains à énoncer des contre-vérités.
Lors des débats sur l'écart salarial hommes-femmes, on entend souvent dire qu'à travail égal les femmes gagneraient 20% à 30% de moins que les hommes en France, ce qui serait bien entendu un scandale absolu.
Toutefois, ceci semble statistiquement inexact, sauf à considérer comme travail égal le seul fait de travailler, indépendemment de la durée, du domaine d'activité et du niveau hiérarchique.
En effet, l'écart de 25 % est brut et intégre donc le temps partiel, la différence de secteur, d'heures supplémentaires et de responsabilité. Techniquement, la part inexpliquée, assimilable à de la discrimination, par les experts est de l'ordre de 5 % en France.
Pour plus d'informations voire les travaux d'une administratrice INSEE et d'une économiste sur le sujet.
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES337-338G.pdf
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES398-399f.pdf
Je note, par ailleurs, qu'un journaliste de Marianne, dont l'idée est de dénoncer la précarité des immigrés, en s'appuyant sur les travaux de l'INSEE écrit ceci :"Normalement, « toutes choses égales par ailleurs », il ne devrait pas apparaître de différence entre les immigrés. En fait , si. L’écart de revenu des immigrés européens tombe à -7% par rapport aux non immigrés. Autant dire presque rien. "
Alors 5 % pour l'écart hommes-femmes?
http://www.marianne2.fr/hervenathan/Immigration-des-faits-et-des-chiffres_a29.html?com
Nexialiste
| Réactions : |